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Fièvre catarrhale du mouton

Le vendredi 11 septembre 2015, une épidémie de fièvre catarrhale ovine (FCO) a été confirmée dans un élevage ovin du sud de l’Allier (03) avec plusieurs cas diagnostiqués.
Pour l’instant, l’épicentre de l’épidémie concerne donc le sud de l’Allier. Une zone de protection de 100 km de rayon a été définie par le Ministère de l’agriculture qui impacte 23 communes de la Haute-Loire. Puis un autre rayon de 50 km supplémentaire qui concerne les zones de surveillance, il vient envelopper les trois quarts du département, avec 178 communes classées.
  • Qu’est-ce que la fièvre catarrhale du mouton ?
    La fièvre catarrhale du mouton ou maladie de la langue bleue est une maladie virale non contagieuse qui touche les ruminants domestiques et sauvages (essentiellement les ovins mais aussi les bovins, les caprins, les buffles, les antilopes, les cerfs, les wapitis et les camélidés). L’infection se transmet par de petits insectes piqueurs appartenant à certaines espèces du genre Culicoides.

    Le virus responsable de la maladie fait partie de la famille des Réoviridés.

    Vingt-quatre sérotypes différents ont été identifiés et le pouvoir pathogène du virus varie considérablement d’une souche à l’autre. La sévérité de la maladie est fonction de l’espèce animale infectée. Les symptômes les plus graves touchent les ovins, provoquant perte de poids, chute de la production de laine et mortalité. Chez les ovins très sensibles, la morbidité peut atteindre 100%. La mortalité varie entre 2 et 30% en moyenne mais peut aller jusqu’à 70%.

    Les bovins présentent souvent un taux d’infection plus élevé que les ovins ; la nature et la sévérité des signes cliniques varient en fonction de la souche virale. Le virus qui circule actuellement dans le nord de l’Europe est intéressant sur le plan épidémiologique étant donné l’apparition de signes cliniques chez les bovins.

  • Où trouve-t-on la maladie ?
    La fièvre catarrhale du mouton est largement distribuée dans les régions où les insectes vecteurs (moucherons piqueurs appartenant à plusieurs espèces de Culicoides) sont présents. Le virus persiste dans les secteurs où le climat permet aux insectes piqueurs de survivre à l’hiver. Il existe plus de 1000 espèces de Culicoides mais moins de 20 sont considérées comme des vecteurs compétents pour le virus de la fièvre catarrhale du mouton.

    Généralement, les ovins se trouvant dans les zones où la maladie est endémique sont naturellement résistants à la fièvre catarrhale du mouton. Des foyers surviennent lorsque des ovins sensibles, surtout de races européennes, sont introduits dans des zones endémiques ou quand le virus est transporté vers une région par des Culicoides infectés, déplacés notamment par le vent. La fièvre catarrhale du mouton va généralement de pair avec l’activité des vecteurs qui atteint son paroxysme pendant les périodes de chaleur et de précipitations, et qui décline aux premières gelées ou pendant les périodes de grand froid.

  • Comment la maladie se transmet et se propage-t-elle ?
    La clé de la transmission du virus de la maladie entre animaux est l’insecte vecteur. Les vecteurs s’infectent en ingérant le sang d’animaux contaminés. En l’absence de vecteurs, la maladie ne peut pas se propager d’un animal à l’autre.

    La transmission virale peut se produire tout au long de l’année, mais plus particulièrement lors des périodes pluvieuses. Les bovins infectés jouent un rôle significatif dans la persistance du virus dans une région. Les bovins peuvent jouer le rôle de source infectieuse pendant plusieurs semaines sans pour autant présenter nécessairement des signes cliniques ; ce sont souvent les hôtes préférés des insectes vecteurs.

    Le virus a été mis en évidence dans la semence de taureaux et de béliers infectés. Il peut être transmis aux vaches et aux brebis sensibles mais il ne s’agit pas là d’un mécanisme de transmission important. Le virus peut également atteindre le fœtus via le placenta.

    Il ne se transmet pas par contact avec les animaux, la laine ou la consommation de lait.

  • Quels sont les risques de santé publique liés à la fièvre catarrhale du mouton ?
    Il n’existe aucun risque de santé publique lié à la fièvre catarrhale du mouton.

  • Quelles sont les manifestations cliniques de la maladie ?
    Chez les ovins infectés, le tableau clinique est variable et peut se traduire par les signes suivants :
    - fièvre ;
    - hémorragies et ulcérations des tissus de la sphère oro-nasale ;
    - hypersalivation, écoulement nasal et gonflement des lèvres, de la langue et de la région maxillaire ;
    - inflammation du bourrelet podal (au-dessus des onglons) et boiterie ;
    - affaiblissement, dépression, perte de poids ;
    - diarrhées profuses, vomissements, pneumonie ;
    - bleuissement de la langue par cyanose (rare) ;
    - avortement éventuel chez les brebis ;
    - arrêt possible de la production de laine en phase de convalescence, entraînant une alopécie partielle ou totale.

    Chez les bovins, le tableau clinique dépend de la souche virale. Les autres ruminants domestiques comme les caprins ne présentent généralement guère de signes cliniques.

  • Comment la maladie est-elle diagnostiquée ?
    La fièvre catarrhale du mouton peut être suspectée sur la base des signes cliniques typiques et de la prévalence des insectes vecteurs, notamment dans les zones où la maladie est endémique. Des tests de laboratoire sont nécessaires pour confirmer le diagnostic.

  • Que fait-on pour prévenir et contrôler cette maladie ?
    Les mesures appliquées
    Les programmes de surveillance consistent à pratiquer régulièrement des prélèvements chez les animaux de troupeaux sentinelles pour rechercher la présence du virus.
    En association avec les programmes de surveillance active destinés à identifier la localisation, la distribution et la prévalence des insectes vecteurs dans une zone donnée, les mesures de prophylaxie suivantes peuvent être mises en œuvre en fonction des nécessités :
    - identification, surveillance et suivi des animaux sensibles et potentiellement contaminés ;
    - mise en quarantaine et/ou restriction des déplacements lors de la période d’activité des insectes ;
    - identification des zones spécifiées ;
    - vaccination ;
    - lutte contre les insectes.

    La vaccination est l’une des mesures la plus efficace et l’une des plus simple pour réduire au minimum les pertes liées à la maladie et pour tenter d’interrompre le cycle entre les animaux contaminés et les vecteurs. Il est essentiel d’utiliser un vaccin qui assure une protection contre la ou les souches virales spécifiques présentes dans la zone concernée.

D’après la fiche d’information générale sur les maladies « Fièvre catarrhale du mouton ou maladie de la langue bleue » de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE).

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OIE - Fiche d’information générale sur la "Fièvre catarrhale du ovine"

Septembre 2015

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